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Informations

Sainte Famille au chat

Author(s), creator(s), collaborator(s) : Cort, Cornelis
Type of the represented object : Print (visual works)

Détails
Collection: Animals
Original object location: Artistic Collections (Galerie Wittert)
Author(s), creator(s), collaborator(s): Cort, Cornelis (c.1533-a.1578) (engraver)
Creation of the original object: 1577
16th century
Modern times (1492-1789)
Identifiant(s): Numéro d'inventaire : 1661
Material, support of the original object : Burin
Dimensions, weight or duration: 31,1 x 23,8 cm
CREF classification(s): Arts
Biologie
Classification(s): Arts & humanities => Art & art history
Life sciences => Zoology
Part of: Public domain
Permalink: http://hdl.handle.net/2268.1/1829

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01661.jpg
Description:
Size: 89.04 kB
Format: JPEG
Access type:: Open Access
Scientific presentation

La Sainte Famille (Madone au chat) est l’une des deux estampes que l’artiste hollandais Cornelis Cort réalisa pendant son deuxième séjour à Rome (1573-1578), d’après les tableaux de Federico Barocci. En 1575, Cort avait déjà exécuté une première gravure, dont on connaît cinq états, à partir du célèbre Repos pendant la fuite en Égypte (Vatican, Pinacothèque, inv. 40377) peint par l’artiste d’Urbin entre 1570 et 1573. Auparavant, Cornelis Cort avait aussi collaboré avec Titien à Venise. Tout comme ce dernier, Federico Barocci était très attentif à la diffusion de ses inventions au moyen de l’estampe. Les gravures que Cort réalisa pour Titien et pour Barocci donnèrent une impulsion décisive à sa carrière.

Les liens de Cort avec Barocci furent vraisemblablement favorisés par le comte Antonio Brancaleoni de Piobbico, commanditaire des deux peintures de Barocci que l’artiste hollandais transposa en gravure. Membre d’une noble famille originaire des Marches, Brancaleoni comptait parmi les plus fervents admirateurs de Barocci. C’est Giovan Pietro Bellori qui nous apprend, dans ses Vies des peintres, sculpteurs et architectes modernes (1672), que Barocci réalisa pour Brancaleoni un “scherzo” où « la Vierge est assise dans une chambre avec l’Enfant au sein, lui indiquant un chat d’un geste de la main; l’Enfant essaie d’attraper une petite hirondelle que saint Jean tient liée avec un fil, tandis que saint Joseph se penche, avec la main sur la table, pour voir la scène » (Bellori 1672 [2009], p. 213). L’œuvre en question est aujourd’hui conservée à la National Gallery, à Londres (inv. NG29).

L’estampe conservée dans les Collections artistiques de l’Université de Liège correspond au premier des deux états connus de la gravure de Cort d’après cette Sainte Famille aussi dite Madone au chat. Par rapport au second état, elle présente une composition inversée et n’est pas accompagnée d’un texte explicatif au bas de la feuille. Ce texte, présent sur le second état, rappelle le nom de l’inventeur et souligne la valeur dévotionnelle de l’image : « Ludit Johannes, tacitus miratur JESUS. | Utrius[que] notat symbolu[m] uter[que] parens, || Ille refert hominem paradisj e limine pulsum, | Quam ferat hic pulso jam meditatur opem. || Fedricus Barotius Urbinensis Inventor ».

Dans sa description, Giovan Pietro Bellori utilise le mot “scherzo” (divertissement) pour décrire la Sainte Famille (Vierge au chat) . En effet, Barocci traite la scène sacrée comme une scène domestique, montrant un moment de jeu et de détente de la vie familiale. Au centre du tableau, assise sur le sol, figure la Vierge, qui allaite l’Enfant aux joues rouges et à la chevelure dorée qu’elle soutient de son bras gauche, tandis qu’avec son bras droit elle attire à elle le jeune saint Jean, occupé à jouer avec un chardonneret, symbole de la passion de son cousin. Pour égayer davantage encore la scène et dynamiser la composition construite en diagonale, le peintre place dans le coin gauche un chat attiré par le chardonneret. Tous les personnages se tournent vers l’animal : la Vierge le montre à son fils, qui se détache de son sein tandis que Joseph se penche en avant, sortant de la pénombre. Barocci enrichit la scène d’objets tirés de la vie quotidienne, que Cort s’est appliqué à reproduire dans les moindres détails dans sa gravure. Parmi ceux-ci on peut observer le berceau de l’Enfant, fait de bois et d’osier, le panier contenant un petit livre et un coussin. Derrière le rideau tiré, enfin, une fenêtre s’ouvre sur un ciel nuageux.

Avant de parvenir à la version finale inspirée, selon Andrea Emiliani, par les derniers tableaux de Raphaël, Barocci a consacré à cette composition de nombreuses études préparatoires. Il a travaillé principalement sur la dynamique, physique et émotionnelle, qui lie les personnages les uns aux autres. Parmi les dessins préparatoires, celui que conserve le British Museum sous le numéro 1994-05-14-55, autrefois dans la collection française de Pierre Crozat, revêt une importance primordiale. Il s’agit d’une feuille à la sanguine et à la pierre noire, technique fréquemment utilisée par Barocci. On l’a longtemps considéré comme une copie. Or des études récentes montrent qu’il s’agirait du dessin autographe sans doute utilisé par Cornelis Cort pour réaliser la gravure, comme le laissent penser les traces de pigment blanc – matériau souvent utilisé pour transférer l’invention du dessin à la plaque de gravure – présents au verso de la feuille.

Signature, en bas à gauche : « Cornelis. Cort fec 1577 ». Privilège, en bas au centre : « Di. Greg. PP. xiij ex Privil. p[er] an X ». Sur la droite, dans le cartouche de la croix de saint Jean Baptiste : « ECCE ANNUS DEI ECCE ».


Transitions

Antonio Geremicca
F.R.S.-FNRS - Chargé de recherches

Cette présentation a été réalisée dans le cadre de la collection "Arm@rium Universitatis Leodiensis. La bibliothèque virtuelle du Moyen Âge et de la première Modernité de l’Université de Liège", développée par l'Unité de Recherche Transitions .


Bibliographie :
  • BELLORI G. P., Le vite de’ pittori, scultori e architetti moderni [Roma 1672], ed. par E. Borea, 2 vol., Turin, Einaudi, 2009.
  • BIERENS DE HAAN J.C.J, L’œuvre gravé de Cornelis Cort graveur hollandais (1533-1578) ¸ La Haye, Nijhoff, 1948, p. 65-65, cat. 44.
  • EMILIANI A., Federico Barocci (URBINO, 1535-1612) , 2 vol., Ancône, Il Lavoro Editoriale, 2008 : I, pp. 248-263.
  • GIANNOTTI A., PIZZORUSSO C. (dir.), Federico Barocci 1535-1612. L’incanto del colore. Una lezione per due secoli, cat expo. (Siena, Santa Maria della Scala 11 octobre 2009 – 10 janvier 2010), Milan, Silvana Editoriale, 2009, pp. 387-388, cat. 112-113.
  • SELLINK M., LEEFLANG H., Cornelis Cort [The new Hollstein Dutch & Flemish etchings, engravings and woodcuts, 1450-1700] , 3 vol., Roosendaal, Koninklijke Van Poll, 2000 : I. p. 125-133, cat. 40 ; II, p. 44-50, cat. 83. I.
  • SELLINK M., Cornelis Cort. contich plaedt-snijder van Horne in Hollandt - accomplished plate-cutter from Hoorn in Holland, cat. expo (Rotterdam, Musée Boymans-van Beuningen, 13 mars-1 avril 1994), Rotterdam, Musée Boymans-van Beuningen, 1994, pp. 154-158, cat. 55.

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