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Le Petrarque en rime francoise avecq ses commentaires.

Author(s), creator(s), collaborator(s) : Petrarca, Francesco; Maldeghem, Philippe [seigneur de Leyschot]
Type of the represented object : Book

Détails
Original object location: Réseau des Bibliothèques
Author(s), creator(s), collaborator(s): Petrarca, Francesco (1304-1374) (author)
Maldeghem, Philippe [seigneur de Leyschot] (1547-1611) (translator)
Editor: A Dovay : Chez François Fabry, Libraire iuré
First publication of the original object: 1606
17th century
Modern times (1492-1789)
Place of creation of the original object: Douai (France)
Identifiant(s): XVIII.169.21 [16°] (cote ULiège)
709400081 (code-barres ULiège)
Original object language: French
Description: Marque d'appartenance peu lisible sur page de de titre

Ex-libris Baron Adrien Wittert

Cachet sur page de titre : FA. ZALVSKI

Pleine reliure en veau jaspé, sur les plats : triple encadrement doré avec petite fleur dorée dans les coins, filet doré sur l'épaisseur des plats, dos plat, titre doré sur morceau de maroquin rouge, nerfs figurés par un double filet doré, les compartiments ainsi délimités sont ornés d'un fleuron central à motif floral, de rosettes, de points, de 2 glands et de volutes dans les coins, contre-plats et gardes en papier marbré, tranches jaspées en vert
Dimensions, weight or duration: 15 cm
Physical description of the represented object : [12 f.]-547 p.-[6 f. de table] p. : portr. de Pétrarque sur p. de titre, portr. de Pétrarque et de Laure [f. 12].
CREF classification(s): Lettres
Classification(s): Arts & humanities => Literature
Part of: Public domain
Permalink: http://hdl.handle.net/2268.1/2310

pdf.png
XVIII_169_21.pdf
Description:
Size: 65.53 MB
Format: Adobe PDF
Access type:: Open Access
Scientific presentation

L'Université de Liège possède, dans ses collections, deux témoignages de première importance sur la réception des lettres italiennes en bord de Meuse à la première Modernité : les deux éditions de la seule traduction française réalisée à Liège d'une œuvre de Pétrarque. Il s'agit de la translation vers le français des Rime et des Trionfi du Toscan réalisée par Philippe de Maldeghem en 1600.

Né en 1547, vraisemblablement à Blankenberge sur le littoral belge, Philippe de Maldeghem est le descendant d'une famille noble de Flandre. Il se destine très vite à une carrière politique, succédant à son père comme échevin de Bruges ; mais, à la suite de la prise de la ville par les protestants, il connaît la prison puis l'exil (1579). Après un séjour à Boulogne et à Calais, il se rend à Liège et intègre la cour cosmopolite d'Ernest de Bavière, prince-évêque depuis 1581. Il y occupe les charges de gentilhomme-servant et de maître d'hôtel et se voit assigner de nombreuses missions de confiance. Ses aptitudes intellectuelles lui ouvrent les portes du cercle lettré italianisant réuni autour de Dominique Lampson, secrétaire du prince-évêque. C'est d'ailleurs ce dernier qui, excellent connaisseur de la langue italienne, l'encourage à poursuivre la traduction de Pétrarque entreprise pendant le loisir forcé consécutif à une blessure reçue lors campagnes de Westphalie (1586). Lampson l'aide même de ses conseils lors ce labeur. Maldeghem partage ensuite sa vie entre Liège et Bruges, dont il fut plusieurs fois le bourgmestre, avant de mourir en 1611. Malheureusement, ses années de formation sont mal connues. Elles nous auraient donné, pour le coup, de précieuses informations sur l'état de l'enseignement de l'italien dans les anciens Pays-Bas et en principauté de Liège. Il déplorait d'ailleurs de ne pas avoir effectué le voyage d'Italie.

Selon Jean Balsamo, le but avoué et modeste de Philippe de Maldeghem, de proposer le texte des Rime et des Trionfi en français pour ceux qui ignoraient l'italien, se doublait de plus hautes ambitions. À l'instar des poètes français qui, à partir de Pétrarque - considéré comme modèle et rival -, avaient œuvré pour l'illustration de leur langue et de leur littérature, Maldeghem entendait « illustrer » le français dans les Flandres au sens large du terme, afin d'y favoriser l'avènement d'une littérature moderne.

Désireux d'avoir une large audience, Maldeghem fait paraître son livre à Bruxelles en 1600, chez Rutger Velpius, l'imprimeur de la cour, et non chez un imprimeur liégeois qui n'aurait pu offrir au Pétrarque en rime françoise le rayonnement que son auteur souhaitait (Liège, Bibliothèque Alpha, R00903A). Il a lui-même joué un rôle très actif dans la diffusion de son œuvre par l'envoi de copies d'hommage à diverses personnalités de haut rang. L'ouvrage, qui a rencontré un certain succès, eu égard aux exemplaires conservés, n'a cependant pas été réédité. Il a connu par contre une nouvelle émission, en 1606, à Douai, chez un éditeur-typographe mineur, François Fabry. Elle était destinée certainement à des étudiants des Pays-Bas et d'outre-Manche qui ignoraient l'italien, mais qui, attirés par la renommée du Toscan, voulaient prendre connaissance de ses poésies et, en même temps, se familiariser avec le français. Il s'agit de l'édition numérisée ici.

Ce volume est entré dans les collections de l'Université de Liège grâce à la générosité du baron Adrien Wittert, mort sans postérité en 1903. Issu d'une vieille famille hollandaise, ce grand amateur d'art et grand bibliophile a cédé, après son décès, son incroyable collection à l'État belge, à condition qu'elle enrichisse les fonds de l'Université de Liège. Cette collection comprend plus de 20.000 volumes dont de nombreux livres anciens mais aussi plus de 25.000 dessins, des gravures ainsi qu'une cinquantaine de tableaux. Un autre ex-libris est présent sur la page de titre, que nous ne sommes pas parvenu à identifier, celui d'un certain F.A. Zaluski. S'agit-il d'un membre de la célèbre famille des bibliophiles polonais fondateurs de la Biblioteka Załuskich, ouverte au public en 1747 et considérée comme la première Bibliothèque nationale de Pologne ? Cette collection a servi de base à la Bibliothèque publique impériale de Russie, voulue par Catherine II et ouverte en 1814. L'actuelle Bibliothèque nationale de Russie ne conserve pas pour autant la totalité de la collection Załuski. De nombreux livres ont été distraits lors de leur déménagement à Saint-Pétersbourg, certaines pièces ayant été vendues en chemin, d'autres détruites à cause des mauvaises conditions de voyage. Quelque 50 000 volumes ont été restitués à la Pologne par la Russie dans la seconde moitié du XIXe siècle, puis par l'URSS dans les années 1920-1930. Cet ensemble livresque a lourdement souffert à la suite des exactions commises par l'armée allemande à Varsovie au cours de la seconde guerre mondiale.


Transitions

Renaud Adam
F.R.S.-FNRS - Chargé de recherches

Cette présentation a été réalisée dans le cadre de la collection "Arm@rium Universitatis Leodiensis. La bibliothèque virtuelle du Moyen Âge et de la première Modernité de l’Université de Liège", développée par l'Unité de Recherche Transitions .


Bibliographie :

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